Mes ancêtres


Mes ancêtres

Je suis venue à la généalogie un peu par hasard, sans enthousiasme particulier. J’avais dans mes souvenirs d’enfant des discussions alambiquées entre ma mère et mes grands-mères, et les références au « grand-oncle de la cousine germaine du grand-père » m’ennuyaient. Adolescente, mon intérêt n’était pas plus intense et le passage par la case mai 68 avait aiguisé mon esprit de rébellion et mon éloignement des traditions familiales.
Dans la famille de mon mari, les Mariaux, mon beau-père avait entrepris des recherches sur leurs ascendants, secondé (puis dépassé! ) par ma belle-sœur. Dans les années 2000, cette dernière m’encourageait à en faire autant « de mon côté ». L’existence de logiciels de généalogie changeait aussi la donne et effaçait l’image décourageante des souvenirs enfantins et des papiers collés bout à bout.

Mais l’âge avançait, les témoins et les détenteurs des connaissances du passé disparaissaient. Et finalement, ce fut, après la mort de mon père, une de ses cousines du même âge qui me demanda instamment de recueillir la mémoire de la famille. Elle-même avait conservé des documents et des photos, mais surtout une mémoire excellente et une très grande clarté d’esprit.
Alors je me lançai. J’allais de temps en temps la voir dans le Midi où elle habitait, avec mon cahier et ma tablette pour prendre des notes sur ce qu’elle me racontait et numériser les documents et les photos qu’elle détenait. Revenue à la maison, je rentrais toutes ces informations dans la base de données du logiciel. Puis j’allais récupérer sur les sites Internet des archives de différents départements les actes qui me permettaient de les vérifier, mais aussi de remonter les lignées.
Cette cousine m’a donné une partie de ses archives, puis, à sa mort, ses enfants m’en ont laissé la plus grande partie.
Au cours d’une discussion entre cousins, je m’aperçus qu’une cousine germaine de ma mère faisait le même travail sur cette branche de ma famille : nous nous voyons désormais régulièrement pour comparer nos découvertes … et faire un bon repas.

La grande aventure a commencé en 2010 et n’est pas près de s’arrêter : je réalise l’arbre généalogique de la famille. Les résultats détaillés de ces recherche, je ne les livrerai pas ici, ils sont réservés à mes frères, sœur, cousins …

Petit à petit, l’intérêt intellectuel de la recherche et de la découverte s’est mêlé à l’émotion de découvrir, derrière les actes de l’état-civil et des registres paroissiaux et dans les archives familiales, des histoires et des personnes. Et parfois, ces histoires rejoignent l’Histoire. Et ce sont les portraits et le récit de la vie de quelques-unes de ces personnes que j’entreprends ici, avec les Roussillon.

Sylvie Chatelain Mariaux Mentions légales